Grenoble et la tradition du gantière

gants de grenoble

Si de nos jours Grenoble et l’Isère s’affirment comme l’un des pôles mondiaux de la haute technologie, il fut un temps où elles rayonnaient dans un tout autre domaine : la ganterie de luxe. Retour sur ces années glorieuses.

La première trace officielle des gantiers grenoblois remonte à 1328, sous le règne du dauphin Guigues VIII. L’artisanat local était favorisé par un élevage caprin très répandu dans le Trièves et une main-d’oeuvre disponible et habile, demandeuse de travail d’appoint durant les mois d’hiver. Le Duc de Lesdiguières, qui veut développer des activités économiques en Dauphiné, encourage le travail du cuir et des métiers annexes. Sur sa recommandation, un gantier grenoblois, Mathieu Robert, reçoit en 1606 le prestigieux titre de gantier-parfumeur du Roi, ce qui fait connaître les gantiers grenoblois auprès de toutes les cours européennes.

Un siècle plus tard, en 1704, on recense dans la capitale des Alpes douze maîtres gantiers, 310 ouvriers et plus d’un millier de couturières. Quant à la production, concentrée dans les quartiers Saint-Laurent et du centre-ville, elle s’élève à 15 000 douzaines de paires par an, chiffre qui sera multiplié par dix à la veille de la Révolution française.

A cette époque, la ganterie est déjà, et de loin, le premier employeur de Grenoble et sa région, avec 8 000 personnes en production, coupeurs, couturières, brodeuses, pour une population évaluée à 25 000 âmes. Si les guerres, les barrières douanières ou la concurrence de pays comme l’Angleterre ont, au début du XIXe siècle, fait chuter la production, celle-ci s’envole littéralement lorsque les inventions de Xavier Jouvin tombent dans le domaine public.

Entre 1850 et 1870, celle-ci passe de 250 000 douzaines de paires à un million, pour atteindre 1,5 million en 1890 ! La ville entière vit alors de cette industrie. Sous l’impulsion d’Edouard Rey, maire de Grenoble et gendre de Xavier Jouvin, la superficie de la ville est quadruplée. Les grandes maisons gantières, Jouvin, Terray, Perrin, Reynier ou encore Vallier, optimisent leurs productions et concentrent leur personnel dans des bâtiments d’envergure construits à cet effet. Les trois quarts de la production partent à l’exportation (Angleterre,Etats-Unis, Russie, Australie, etc.).

Malheureusement, cet âge d’or ne dure pas. Au cours du XXe siècle, la ganterie grenobloise traverse plusieurs crises en se relevant à chaque fois. Mais les caprices de la mode et la diminution de la demande provoquent son irrésistible déclin. Aujourd’hui, seuls deux ateliers, Salvator Notturno à Grenoble et Jean Strazzeri (Lesdiguières-Barnier) à Fontaine, fabriquent encore des gants en chevreau dans la pure tradition grenobloise… »et FST HANDWEAR avec des matières plus modernes 🙂 »

crédit texte : Richar Juillet – Isère Magazine

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